Après des mois et des mois pendant lesquels l’industrie phonographique nous expliquait qu’il fallait absolument que l’Etat baisse la TVA pour lutter contre le piratage et relancer l’industrie du disque, le ministre délégué à l’Industrie Patrick Devedjian a brusquement modifié la donne. Le lobbyisme de Pascal Nègre et consorts ne serait il pas aussi efficace sur ce ministre que sur les autres, ou notre ministre aurait il simplement trouvé la raison ?
Car l’industrie musicale avait beau jeu de réclamer la baisse du prix du disque, c’était pour elle le moyen de faire baisser le prix, sans toucher à ses revenus et à ses marges. La TVA payé par le consommateur final et allant dans la poche de l’Etat, sa baisse était un moyen économique pour les majors de baisser les prix du disque. Mais le ministre a son idée sur la question : « lorsque la TVA est passée jadis de 33% à 18,6%, les prix payés par le consommateur, eux, n’ont baissé que de 8% ». Mais les attaques vont bien plus loin, puisqu’il reproche aux maisons de disque de faire des disques trop chers, de ne fabriquer que des vedettes, de vendre aussi cher un album en téléchargement sur internet qu’un cd…. et de poser la question « qui fait mal son métier dans cette affaire? ».
Alors que le marché du disque est en fort recul, de 10% l’an dernier et de 20% au cours du premier trimestre, les majors réclament depuis des mois des mesures contre le téléchargement illégal, cherchent des moyens à la limite de la légalité pour limiter la duplication de CD et la lecture sur certains supports, et demandent une TVA à 5,5% comme pour le livre. L’Etat sans argent ne semble donc pas disposer à baisser la TVA, et le ministre a sa réponse sur le piratage : « J’ai mené une enquête pour savoir pourquoi les jeunes piratent, la réponse est limpide : les disques sont trop chers et certains titres ne sont plus disponibles que sur internet ». On attend maintenant la réponse des majors…